|
Donald Alarie a entrepris son travail littéraire
vers 1975. Il a enseigné au niveau collégial
de 1970 à 1997 - la première année à
Montréal et par la suite, à Joliette. Son premier
roman, La Rétrospection, a été
publié en 1977 et lui a mérité le prix
littéraire Gibson en 1978. Il a publié quatorze
livres, dont deux en collaboration. Il a débuté
par l'écriture de romans et de nouvelles pour ensuite,
à partir de 1986, se tourner vers la poésie
: Petits formats (en 1987, pour lequel il a reçu
le prix Marcel-Panneton), La Terre comme un dessin inachevé
(1990), Parfois même la beauté (1993),
Ainsi nous allons (1997), Avec notre fragilité
ordinaire (1999); sans toutefois exclure totalement le
roman (Tu crois que ça va durer ? en 1999).
En 1980, il a reçu le prix Jean-Béraud-Molson
pour son œuvre Jérôme et les mots.
Il a publié de nombreux textes de
création et articles dans les revues suivantes : Estuaire,
Moebius, XYZ, Liberté, Lettres
québécoises, Combats, Brèves
littéraires, Les Saisons littéraires,
La Poésie au Québec, Le Sabord,
Silences et l'Artefact.
Environ quatre-vingts articles ont été
consacrés aux livres de Donald Alarie dans des journaux
et des revues du Québec tels La Presse, Le
Devoir, Lettres québécoises, Spirale,
Journal de Montréal, Le Sabord, Estuaire,
Québec français, Nuit blanche,
Voir, Ici et l'Artefact.
Même si la nature est parfois présente
dans ses œuvres, c'est surtout la ville qui prédomine.
Il aime parler du quotidien à la ville. La fenêtre
occupe d'ailleurs une place particulière dans la production
de l'auteur, comme en témoigne la couverture de certains
de ses livres : Les Figurants (1995)et Parfois
même la beauté (1993).
Les critiques ont déjà parlé
de son style "dépouillé " et de lui-même
comme d'un auteur qui fait de la littérature à
caractère "intimiste"; ce sont deux termes
avec lesquels il est en accord. Selon lui, un auteur est quelqu'un
qui murmure dans l'oreille du lecteur pour lui parler de sa
vision du monde et cela, dans un style original.
Depuis 1990, Donald Alarie a participé
à plus de vingt lectures publiques dans différentes
villes telles Joliette, Montréal et Trois-Rivières.
«Tout peut se produire près
d'une chaise abandonnée ou d'une porte entrouverte
qui laisse deviner, dans l'ombre, des plats dont on se sert
pour les repas quotidiens. Un petit rien et nous recommençons
à nous regarder comme si c'était la première
fois. Le silence nous rassure et les mots à venir ne
nous inquiètent pas. Un verre brisé, un appareil
ménager en détresse ou un mur qui se lézarde
ne peuvent rien contre nous. Nous pourrions faire fuir la
nuit si elle se présentait à visage découvert.»
|
|
Extraits
«Par la fenêtre ouverte, me parviennent
d'étranges rumeurs sur l'avenir du monde. La frayeur
m'encercle. Il faut dire que je suis une proie docile. J'imagine
des gens qui courent au hasard sous les balles égarées
de tireurs fous. Je me réfugie dans la noirceur de
ma chambre, au creux d'une épaule connue ou inventée.
Je ne peux oublier les enfants tués dans les rues de
Rio par des chasseurs de nuit trop bien rémunérés
ni les yeux du jeune mendiant dont l'âme n'a aucun domicile
fixe. Dans certains pays, les cimetières font salle
comble depuis longtemps. Les morts ne se sentent à
l'aise nulle part. Parfois on les enterre même dans
un terrain de football désaffecté où
de petites croix presque anonymes remplacent tant bien que
mal les cris et les slogans des partisans de l'équipe
locale. Ailleurs on se tue pour un oui ou pour un non. Ce
sont de bien petits mots pour perdre la vie.»
(Ainsi nous allons, Écrits des Forges, 1997,
p. 60.)
«tels ces secrets parfois murmurés
les soirs de complicité inattendue
dans un petit bar familier
où la fumée habille tous les regards
où les bruits d'usage permettent
les gestes trop souvent retenus
ce que tu me confies me nourrit
m'apaise et me bouleverse à la fois
j'aurais vécu autrement
sans ton souffle sur ma joue
sans tes mots dans mon cou.»
(Avec notre fragilité ordinaire,
Écrits des Forges / Grand Océan, 1999, p. 53.)
|