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JOHN A. COSGROVE LAURÉAT EXCEL'ART IV Verrier d’art séduit par la dynamique constitutive de l’œuvre, John A. Cosgrove accorde une attention particulière à la démarche créatrice, cette volonté située en amont de l’objet créé. Pas étonnant que, dans son travail, le processus soit aussi important que le résultat et que la question du temps participe intimement à chacune de ses réalisations. Élaborée pour la 4ième édition de la biennale Excel’Art, sa pièce intitulée Mea Culpa atteste pleinement de cette approche singulière. Composée d’un socle de granit noir couronné d’une plaque de verre circulaire, laquelle a été obtenue par fusion et thermoformage de 1400 morceaux de verre superposés, cette œuvre exploite ouvertement les possibilités métaphoriques de l’objet d’art tout en témoignant du cheminement souvent sinueux de l’acte créateur. « Cette pièce, explique l’artisan, résulte d’un itinéraire marqué par le paradoxe. Elle tire ses origines d’une lampe inspirée de la structure moléculaire de l’anthrax et qui fut conçue à la suite de l’événement tragique du 11 septembre 2001. Ce projet fit naître en moi un questionnement sur la mort et, du même souffle, m’incita à limiter le nombre de couleurs dans la réalisation de mes pièces. Or, lorsque le thème de la biennale Excel’Art IV fut dévoilé, soit Douze pas avant le vide, je décidai de poursuivre la réflexion sur la mort, que j’imaginais alors comme une sorte de vide exempt de lumière. Voilà d’ailleurs pourquoi j’envisageai dès le départ d’utiliser du granit noir - matériau récupéré d’une pierre tombale gâchée - afin de réaliser mon œuvre. » « En cours de conception, poursuit l’artiste, je me suis cependant mis à penser que le vide et la noirceur ne signifient pas nécessairement la mort ou l’absence de lumière. Au contraire, le noir n’absorbe-t-il pas tout le spectre lumineux? En outre, n’était-il pas vraisemblable que le vide puisse épouser une forme quelconque? Dès lors, et selon une démarche plutôt contradictoire, j’ai envisagé de m’inspirer du disque solaire et de concevoir une œuvre dont la qualité première reposerait sur l’action de la lumière. L’œuvre terminée, non seulement la lumière joue-t-elle un rôle déterminant dans l’aspect diapré du verre utilisé, mais un rétro-éclairage de la plaque de verre révèle de manière singulière la présence d’une multitude de petites croix qui apparaissent par transparence. » Avec sa composition Mea Culpa, œuvre qui lui a mérité le titre de lauréat de la 4ième édition de la biennale Excel’Art, John A. Cosgrove démontre encore une fois l’importance accordée à l’intention esthétique, laquelle l’entraîne toujours davantage vers la résolution de problèmes liés à l’espace, à l’environnement, au temps et à la lumière qu’à des questions d’ordre fonctionnel. Partant, on ne s’étonne guère que cet artisan de Sainte-Béatrix ait longtemps œuvré à titre de photographe avant de se consacrer à l’art du verre. Cofondateur
du Chalet Studio de Verre avec Patrice Potvin, John A. Cosgrove est
également fort impliqué dans le milieu culturel de sa
région. À ce titre, il fut notamment président-fondateur
de la Corporation des métiers d’art de Lanaudière
et a siégé au sein du conseil d’administration du
CMAQ ainsi que du Conseil de la culture de Lanaudière.
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| Mea Culpa, 2002, 61x56x15 cm, verre fusionné et thermoformé, granite noir |
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John A. Cosgrove Pierre Hamelin et Maryse Harvey |
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