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INTRODUCTION À EXCEL'ART...

Avec sa quatrième édition, la biennale d’excellence en métiers d’art de Lanaudière démontre encore une fois le dynamisme des créateurs de la région de Lanaudière. Parrainé par le Culture Lanaudière, avec le soutien du Conseil des métiers d’art du Québec, de la Corporation des métiers d'art de Lanaudière et de la Ville de Repentigny, le concours a réuni en 2002 huit créateurs des métiers du verre, de l’ébénisterie, de la joaillerie et de la céramique qui, par leurs œuvres, attestent que la traditionnelle distinction entre les arts dits majeurs et mineurs, dénomination discriminatoire qui apparût au cours de la Renaissance, demeure bien arbitraire et ne résiste pas longtemps au monde actuel de l’art.

Depuis plus d’un siècle, jamais n’aurons-nous eu autant conscience que les métiers d’art et les arts visuels relèvent fondamentalement d’une même volonté créatrice. À cet égard, un rapprochement avec certaines orientations de la fin du XIXième siècle peut être décelé chez nos artisans les plus dynamiques. En effet, ces derniers manifestent ce même désir de communion entre les différentes formes d’expression esthétique qui devaient d‘ailleurs, au terme du XIXième siècle, conduire à un nivellement des différences hiérarchiques en art. C’est ainsi que de multiples approches ou regroupements de créateurs de l’époque, tels le mouvement Arts & Crafts initié par William Morris, l’École de Glasgow ou l’École de Nancy, en vinrent à proposer la fusion des arts majeurs et des arts mineurs afin de « mettre l’art dans la vie », scandaient-ils de concert. Or, à la lumière des plus récentes tendances en arts visuels et en métiers d’art, et à l’aube d’un nouveau millénaire, notre culture paraît, à l’instar de plusieurs mouvements esthétiques à l’approche de 1900, aspirer à une plus grande démocratie, souhaiter une plus nette acceptation de la différence tout en manifestant une quête existentielle qui, parfois, trahit une nostalgie du spirituel au sens large.

Les exemples de cette orientation, où le lyrisme et la poésie confèrent à l’art et à ses métiers une plus grande accessibilité, se multiplient. Les thèmes récurrents de l’heure témoignent d’une reconquête du mystère, de la séduction et de l’objet perdu. Ces choses oubliées prennent tantôt la forme du corps et de ses composantes, tantôt l’apparence d’une entité sibylline ou épouse plutôt les contours de souvenirs évanescents. Mais, toujours, elles procèdent d’un dévoilement intime qui se pare d’une ambiguïté propre à réveiller la présence de l’indicible et attiser le questionnement du spectateur.

Particulièrement propice à l’expression de la recherche d’identité et des manifestations de l’âme humaine, le thème proposé pour le concours de 2002 a suscité beaucoup d’intérêt chez les participants et participantes, lesquels ont œuvré à partir de la phrase Douze pas avant le vide. Le verrier John A. Cosgrove, qui s’était mérité les grands honneurs de la biennale avec son collègue Patrice Potvin en 2000, fut le lauréat de cette édition qui, encore une fois, a été marquée par la présence majoritaire de verriers. L’intérêt pour cet art de fusion consacre-t-il indirectement le mariage entre les métiers d’art et les arts visuels? A vous d’en juger…

Philippe Bettinger

John A. Cosgrove

Jacinthe Duval

Pierre Hamelin et Maryse Harvey

Stephen Pon

Patrice Potvin

Ivan Vranjes


 

Excel'Art
est une réalisation du

Culture Lanaudière,
en collaboration avec le

Conseil des métiers d'art du Québec,
la
Corporation des métiers d'art de Lanaudière
et la

Ville de Repentigny

 
 
 
Dany Quine, Historien d'art