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Artiste verrier
Stephen Pon a fait ses premières armes
au Centre des métiers du verre de Montréal en 1997.
Membre du Conseil des métiers d’art du Québec
depuis lors, il a présenté ses productions à
l’exposition SOFA de Chicago en 2003 et 2005 ainsi qu’au
Canadian Glass Show de la West End Gallery en Colombie-Britannique,
tous les ans depuis 2002. Il expose dans un réseau de galeries
au Canada et aux États-Unis. Depuis 2000, il a établi
son atelier de travail à Lavaltrie.
Grand voyageur, Stephen Pon exprime une vision
ethnographique du monde. Ses oeuvres interrogent les rapports que
peuvent entretenir nature et culture. Au détour d’une
ronde, il nous invite à lire des sculptures de verre qui
suscitent la réflexion sur les civilisations non occidentalisées.
Sa prose sculpturale qui s’adresse à nos sens forme
un palimpseste de ce qui se cache au creux de toute humanité
: une fragilité latente.
Techniquement, Stephen Pon procède avec
originalité à la réalisation de ses sculptures.
Il combine trois types de façonnage : la pâte de verre,
le soufflage à main levée et le coulage en sable.
Il passe ainsi des techniques les plus archaïques aux plus
contemporaines.
La pâte de verre, procédé
très ancien, est aujourd'hui rarement pratiqué par
les artistes. La mise en forme se réalise à froid
avec du verre concassé, disposé dans des moules à
cire perdue préalablement confectionnés. Des oxydes
métalliques sont adjoints pour colorer le verre dans sa masse.
À certaines occasions, l’emploi de feuilles d’or
permet, une fois fusionnées, d’obtenir un effet particulier
avec de fines particules flottantes. La cuisson se fait par paliers
pour contrôler la descente de température. En effet,
plus celle-ci est lente, plus la pâte de verre s’oxygène
et donne un effet mat délicat. Après plusieurs heures
de refroidissement, le moule de la pièce en verre est brisé.
La pièce libérée est polie.
Le soufflage, lui, consiste à introduire
de l’air dans une masse de verre à l’état
visqueux, afin d’obtenir une forme creuse. Cette véritable
révolution dans le travail du verre s’effectue par
étapes successives. D’abord, le verrier prélève
une boule de verre en fusion, au bout de sa canne, opération
dite de cueillage; puis il roule le verre sur le marbre afin de
le centrer parfaitement. Après cela, il introduit une bulle
d’air dans le verre, en soufflant dans sa canne, et réalise
ainsi une poste qu’il peut travailler avec différents
outils (fers, mouillettes, etc.).
Enfin, le verre qui est coulé dans le
sable acquiert une grande force. Cette technique est surtout en
faveur depuis une trentaine d’années. Elle se définit
par le coulage de verre en fusion dans des empreintes de sable spécifiquement
créées à l’aide de moules. Le sable humidifié
est placé et maintenu dans un coffrage, puis il est estampé
avec une forme qui détermine en négatif la forme future
de l’oeuvre. Après coulage, la pièce est, aux
environs de 600 °C, libérée et portée à
l’arche pour la recuisson.
Serties d’une technicité ayant
tous les attraits de la mixité, les transparences, translucidités
et couleurs apportent aux sculptures de Stephen Pon une dimension
unique.
(rédigé par Tiphaine Ricordel)
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Glass artist
In 1997, Stephen Pon acquires his glass skills
at the Centre des métiers du verre de Montréal. Since
then, he has been a member of the Conseil des Métiers d’Arts
du Québec. Both in 2003 and in 2005, he has shown his work
in Chicago at SOFA exhibitions. Annually, since 2002, he takes part
in the Canadian Glass Show at the West End Gallery, in British Columbia.
In addition, his work circulates both in Canada and in the United
States via a gallery network. In 2000, he founded his workshop in
Lavaltrie.
Well traveled, Pon shares an ethnological view
of the world. His work examines the questions that arise in the
interface between nature and culture. Pon invites us to interpret
his glass sculptures inciting a reflection on non-western civilizations.
His sculptural prose calls out to our senses in the form of a palimpsest
to reveal what is hidden at the core of all humanity: a latent fragility.
Concerning technical processes, Pon yields
to originality in the production of his sculptures. He consolidates
three traditional glass-molding techniques: pate de verre, handblown
glass, and sand casting. He passes thus from the most ancient glass
techniques to the most contemporary ones. Pate de verre, an ancient
process, is rarely used by glass artists nowadays. Assembled cold,
frit, in addition with metal oxides for coloration, are placed into
molds fabricated using the lost wax technique. On occasion, gold
leaf is added: once fused with glass, it produces a specific effect
with thin suspended particles. The firing is done in segments, with
a particular attentiveness imparted to the cooling down process.
In effect, the slower the process, a more oxygenated pate de verre
results in a soft mat finish. After cooling for several hours, the
mould is finally broken, freeing the glass piece to be polished.
Glass blowing consists in introducing air into
a mass of viscous molten glass to obtain a cavity. This truly revolutionary
approach to glass making requires successive steps. For the gathering,
the artist retrieves a ball of molten glass, known as a gather,
at the tip of a blowpipe. Then, he rolls the glass on a marver to
centre it. Next, he blows into his pipe introducing air into the
glass, creating a post, which can now be worked upon with different
tools, wet newspaper pads, etc.
The third technique, sand casting, has been
most popular over the past thirty years It provides glass with great
strength. This technique consists in pouring molten glass into imprints
made in sand. The wet sand held in a containment box, previously
stamped with a mold, results in a negative imprint of the desired
form. When the cast glass reaches about 600°C, it is removed,
and placed in the kiln for annealing.
With Pon’s innovative approach of integrating
various glass techniques, the artist creates transparent, translucent
and colored effects that give his sculptures a unique dimension.
(translated by Valérie Gill)
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