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Dominotière,
papetière d’art
MIVILLE-DESCHÊNES,
Marie-Thérèse
1140, rue Frontenac
Berthierville (Québec)
J0K 1A0
Téléphone : 450 836-3724
Télécopie : 450 836-1850
Courriel :
info@monialesdominicaines.qc.ca |
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La spiritualité dominicaine dont est
investie soeur Marie-Thérèse Miville-Deschênes
est profondément associée à la Parole étudiée,
célébrée, vécue et annoncée aux
autres. En tant qu’intercesseur, elle donne à voir
les fruits de sa contemplation avec ferveur, engageant son coeur
avec autant d'ardeur qu'elle y applique son intelligence. Elle conçoit
son oeuvre en tant qu’acte contemplatif qui se doit d’être
partagé, célébré, comme une prédication.
Pour ce faire, elle travaille une matière
toute particulière qui est intuitivement associée
à l’écriture, à la transmission et à
la diffusion de la pensée, le papier. Ce médium possède
de multiples facettes, aussi bien dans sa composition, sa méthode
de fabrication, que dans son utilisation. Le processus de fabrication
du papier végétal demande une longue et minutieuse
préparation. Il se réalise en effet selon une méthode
de fabrication extrêmement rare qui s’exécute
à la main et se dit papier à la forme.
Dans un premier temps, il est nécessaire
de fabriquer une pâte composée de fibres végétales.
Le chanvre, le lin, le coton, l’abaca, le sisal, par exemple,
sont incorporés à de l’eau puis broyés
et enrichis d’additifs ornementaux comme des fils de soie,
de la rhubarbe et des graminées ainsi que des colorants.
La pâte devenue une suspension aqueuse contenant quelques
grammes de matières solides par litre est ensuite utilisée
pour la confection du papier. Réalisé feuille à
feuille, au moyen d’une forme plongée manuellement
dans une cuve emplie de pâte, puis retirée, le papier
s’égoutte à travers les ouvertures du vergeur
mais non les matières solides. Cette opération permet
l’élaboration d’un matelas fibreux. Ce matelas
fibreux est ensuite déposé par renversement sur un
feutre, puis introduit avec un support – en même temps
que d’autres matelas – entre les plateaux d’une
presse qui expulse une bonne partie du liquide aqueux et fait naître
une feuille suffisamment solide pour être mise à sécher
sur des cordes.
Les feuilles produites par cette méthode
ont la dimension des formes qui leur donnent naissance. Soeur Marie-Thérèse
Miville-Deschênes réalise de nombreux formats, selon
l’objet du papier. Pour ses peintures, le format Grand Monde
(90 x 126 cm) prédomine. Particulièrement bien adaptés
pour la représentation de la Création par exemple,
ils permettent de transcrire de vastes visions.
Une grande partie de la flore qui nous entoure
est prête à nous surprendre par la diversité,
la richesse et la somptuosité des papiers que l'on peut obtenir.
La paille ou toutes sortes de graminées donnent des papiers
d'un beau jaune pâle, assez résistants et uniformes.
Le papier de muguet, lui, ressemble à une chevelure. Le papier
de prêle, plante des zones marécageuses, fait penser
à de la calligraphie. Celui obtenu à partir de cette
plante si mal vue qu'est l'ortie, offre un aspect extrêmement
précieux et soyeux (le papier monnaie lui-même serait
composé d'ortie et de chanvre mélangés).
Ce bref résumé n’est évidemment
qu'un maigre échantillon des possibilités et surprises
que Dieu nous réserve! Pour en savoir plus, prenez rendez-vous
ou visitez le Monastère des Dominicaines, à Berthierville,
où on expose, en permanence, un bel ensemble de dix compositions
qui présentent, de manière fascinante, le thème
biblique de la Création.
(rédigé par Tiphaine Ricordel)
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Artist and papermaker
The Dominican spirit of Sister Marie-Thérèse
Miville-Deschênes is a profound connection with the Word of
God as studied, celebrated, lived and announced to the world. As
an intercessor, she zealously displays the fruits of her contemplation,
committing both her heart and intelligence to the task. Her work
is a contemplative act to be shared and celebrated as well as proclaimed.
To accomplish all this, she works with a very
unique material that we intuitively associate with writing and the
transmission and diffusion of thought: paper. This medium has multiple
aspects, witnessed by its composition, manufacturing method and
usage. Vegetable paper manufacturing is a lengthy, painstaking process
performed by hand. Very rarely employed today, it is known as handmade
papermaking.
First, a vegetable fibre pulp must be mulched.
Hemp, linen, cotton, abaca and sisal, among others, are added to
a vat of water and blended with a beater. Decorative additives such
as silk threads, rhubarb, grasses and dyes are introduced. The pulp
turns into slurry with a certain amount of solid material content
per litre and is used to make the paper. The paper is formed sheet
by sheet by hand-dipping a mould (a wooden frame covered with a
sieve-like or wove wire surface) into the pulp-filled vat, then
lifting it out. The excess water drains away through the holes in
the mould cover leaving a layer of pulp fibre. The mould is then
overturned and the fibrous pad is eased onto a felt. The felts with
their pads are placed between the plates of a press and most of
the water is squeezed out. Now the solid paper sheet can be laid
to dry over ropes.
Sheet size depends on the dimensions of the
apparatus in which they are formed. Sister Marie-Thérèse
Miville-Deschênes makes several formats, depending on how
the paper is to be used. The Grand Monde format (90 x 126 cm) is
primarily used for her paintings. Because they can accommodate expansive
visions, they are particularly well suited for representations of
the Creation for example.
You would be surprised by the diversity, richness
and sumptuousness that the familiar plants in our surroundings can
impart to papers. Straw and all kinds of grasses give papers a beautiful
pale yellow colour that is uniform and fade-resistant. Paper containing
lily resembles a comet’s nebulous. Horsetail, which grows
in marshy areas, brings calligraphy to mind. And the humble, much-maligned
nettle provides an elegant, silky texture—in fact, our paper
money contains a mixture of nettle and hemp.
This brief summary provides merely an inkling
of the possibilities and surprises that God has in store for us!
To learn more, make an appointment or come visit the Dominican Monastery
at Berthierville, where a fascinating permanent exhibit is on view,
showcasing the ten compositions in the Biblical theme of Creation.
(translated by Margaret McKyes)
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