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Peintre en décoration
Mario Méthot est peintre décorateur
et scénique. Doté d’une brève formation
de graphisme en communication visuelle, il a longtemps été
artiste peintre industriel spécialisé dans l’affichage
publicitaire extérieur grand format. Mais aux alentours de
1995, les imprimeries s’équipent en nouvelles technologies.
Son métier en voie de disparition, il se reconvertit en peintre
scénique pour le cinéma, excellant en décors,
toiles de fond et lettrages. Depuis 2006, il est membre du Conseil
des Métiers d’art du Québec.
Ainsi passé maître dans la peinture
à grande échelle, travaillant à partir de photographies,
de maquettes ou de son imagination, il oeuvre sur des surfaces en
bois, métal, plastique ou vinyle. Il travaille en atelier
à l’aide d’un projecteur : une fois le croquis
de base validé par le client ou le directeur artistique,
l’image à reproduire est dessinée en miniature
et transférée sur un acétate (papier transparent)
afin de la projeter à la grandeur désirée,
à même le support apprêté selon sa nature.
À l’aide d’un pinceau fin, il recopie alors l’image
en suivant les contours et quelques détails de l’esquisse
reportée.
Cette organisation des formes lui permet de
poursuivre son ouvrage à la peinture à l’huile
(parfois acrylique), en recourant aux mêmes procédés
picturaux qu’un peintre classique : il peint minutieusement
les dégradés de couleur, les chairs et drapés,
les effets de lumière, de perspective et de sfumato... En
grande partie autodidacte, il n’a pu maîtriser ces techniques
qu’après avoir maintes fois reproduit les tableaux
des grands peintres de la renaissance qui l’ont continûment
fasciné. L’usage de la peinture à l’huile,
lente à sécher, devient synonyme de qualité
technique et de détails grâce à d’éventuelles
retouches possibles plusieurs heures durant.
La technique de projection réduit considérablement
le temps de travail et permet aux œuvres de revendiquer un
caractère photographique. Pour passer d’un petit à
un grand format, il lui est arrivé d’emprunter la technique
antique dite de la mise au carreau, néanmoins moins convaincante
selon lui.
Autre procédé antique d’organisation,
« l’impression » lui permet de réaliser
des affiches en plusieurs exemplaires si besoin est. Le dessin n’est
plus projeté directement sur le support ; il est reporté
au préalable sur un « carton » mince que l’on
piquera par la suite en suivant les lignes du dessin, avec un stylet
afin « d’imprimer » le support placé au-dessous.
L’opération est renouvelable, produisant plusieurs
bases de travail similaires.
Outre les panneaux publicitaires et les décors
cinématographiques, il réalise des créations
plus personnelles, la plus célèbre étant Le
Tigre qui lui a valu d’être invité à la
Foire Internationale de Toronto en 1995. Peintre décorateur,
il réalise aussi des fresques à caractère plus
permanent, parmi lesquelles le plafond du Cinéma de Terrebonne,
à ce jour l’une des plus grandes peintures murales
québécoises (15 000 pieds carrés). Il a été
lauréat de concours organisés par la revue Signs of
the Times (revue étasunienne spécialisée dans
l’art de l’enseigne). Sur rendez-vous, il se fera un
plaisir de vous faire visiter son atelier où se côtoient
œuvres en métiers d’art et arts visuels qu’il
a d’ores et déjà présentées dans
différentes expositions lanaudoises.
(rédigé par Anne-Claire Hudin)
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