|


|
Papetière
CHAREST BERTRAND, Lorraine
56, rue Curé-Martineau
Repentigny (Québec)
J6A 5A7
Téléphone : 450 654-3071 |
 |
Le papier, chez Lorraine Charest Bertrand, n’est
pas cet être de pure surface qu’apprennent à
connaître intimement les écoliers, presque aussi immatériel
que les symboles qu’on y couche, mais plutôt un être
de chair, celle du bois, qui retrouve dans les oeuvres sculpturales
de la papetière une nouvelle tridimensionnalité, une
nouvelle épaisseur, une nouvelle sensualité.
Lorraine Charest Bertrand commence ses expériences
avec le papier en 1989. Elle s’intéresse aussi bien
aux traditions occidentales qu’orientales et apprend notamment
les techniques anciennes du papier mâché et du chigiri-e
(technique de collage des papiers japonais appelés washi).
Elle acquiert également une formation en techniques des couleurs
et du dessin à l’Université du Québec
à Montréal. Avec Roger Bertrand, un collègue
artisan, elle fonde en 1992 l’atelier de papier Chabert à
Repentigny. Elle développe peu à peu ses propres méthodes,
ses propres goûts, ses spécialités. Elle pratique
avec passion le métier de sculpteure-papetière.
Dans son atelier, de grands bacs d’eau
tiède servent à décomposer les feuilles de
papier usagé. Après environ 24 heures de trempage,
les fibres détachées forment un dépôt
au fond du bac, qui deviendra la pâte d’un futur papier.
À cette étape, l’artiste peut ajouter à
la pâte des copeaux de bois, du sable, des fleurs ou des feuilles,
des morceaux de pelure d’oranges et de litchis, des coquilles
d’oeufs et de l’écorce, selon l’effet recherché.
La pâte peut également être colorée à
l’aide de teintures naturelles, telles le café, le
thé et des jus de légumes. La pâte gorgée
d’eau est alors versée sur un tamis en une couche mince
qui s’égoutte rapidement, puis pressée à
l’aide de rouleaux lithographiques. Les feuilles ainsi formées
sont ensuite transférées sur des planches et sont
mises à sécher sous un éclairage à haute
intensité.
À partir de ces papiers uniques, Lorraine
Charest Bertand fabrique une grande quantité d’objets
: des cache-pots, des bols, des verres, des broches, des boucles
d’oreilles, des barrettes, des miroirs décoratifs et
des murales. Pour leur donner la forme désirée, l’artiste
découpe ou déchire ses feuilles de papier, les froisse,
les roule, les plie et les colle, ou encore, elle les humecte et
les moule sur des formes en verre ou en céramique. Les nouveaux
objets sont ensuite peints à l’aide de teintures naturelles
ou, pour des couleurs plus vives, de pigments commerciaux, aquarelle,
gouache ou acrylique. Des billes, des morceaux de verre ou de bois,
des fils de fer, de la jute et d’autres matières sont
parfois ajoutés. Ainsi formé, texturé et coloré,
le papier serait méconnaissable, devenu cuir, terre, écorce,
si ce n’était de son extraordinaire légèreté,
qu’il conserve encore. Achevant la métamorphose, le
vernis à base d’eau que la papetière applique
sert également de protection au sensible papier. Plusieurs
couches sont nécessaires, dont chacune requiert 24 heures
de séchage.
Les oeuvres de Lorraine Charest Bertrand sont
disponibles au Salon des métiers d’art du Québec
à Montréal. On les trouve également en boutiques
ou, sur rendez-vous, à l’atelier de l’artiste.
(rédigé par Bruno Mainville)
____________________________
Papermaker
For Lorraine Charest Bertrand, paper is not
the simple surface that school children know intimately—almost
as immaterial as the symbols written upon it—but instead the
wood made flesh. As paper sculpture, it acquires a renewed threedimensionality,
thickness and sensuality.
Lorraine Charest Bertrand began working with
paper in 1989. Intrigued by both Western and Eastern traditions,
she studied the ancient arts of papier maché and chigiri-e,
a Japanese paper collage technique using a hand-made paper called
washi. She also trained in drawing and colour techniques at the
Université du Québec in Montreal. In 1992, together
with fellow craftsman Roger Bertrand, she founded the Chabert paper
workshop in Repentigny, where she practiced paper sculpture with
a passion, developing her own methods, tastes and specialties along
the way.
In her workshop, sheets of recycled paper sit
mulching in large vats of warm water. After soaking for about 24
hours, the loose fibres form a deposit at the bottom of the tub.
This mulch will be reincarnated as a new form of paper. At this
stage, the artist may supplement the pulp with wood chips, sand,
flowers or leaves, orange or lychee peel, eggshells or bark, depending
on the desired effect. The pulp may also be tinted with natural
dyes such as coffee, tea or vegetable juice. Next, the mushy pulp
is poured onto a fine screen where the excess water drains rapidly.
It is then pressed with a lithographic roller to form sheets. The
sheets are set out to dry on boards under high-intensity lights.
Out of these one-of-a-kind papers, Lorraine
Charest Bertrand fashions an enormous variety of items: flowerpot
covers, bowls, glasses, broaches, earrings, barrettes, decorative
mirrors and murals. To shape her creations, the artist takes the
sheets of paper and cuts, tears, frills, rolls, folds or glues them.
She might moisten and mould them onto glass or ceramic forms. These
imaginative objects are then painted with natural dyes or, for more
vibrant colours, commercial aquarelle gouache or acrylic pigments.
Beads, pieces of glass or wood, iron wires, jute and other materials
are sometimes added. Thus formed, textured and coloured, the paper
would be unrecognizable, passing for leather, earth or bark, if
not for its remarkable lightness, which remains intact. As a final
stoke in the metamorphosis, the artist applies a water-based varnish
to protect the fragile paper. Several coats must be laid on, each
requiring 24 hours to dry.
Lorraine Charest Bertrand’s works are
available at the Salon des métiers d’art du Québec,
in Montreal. You can also find them in boutiques or by appointment
at the artist’s workshop.
(translated by Margaret McKyes)
|