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Faïencière
BOLDIREFF, Maroushka
4038, rue Ashland
Rawdon (Québec)
J0K 1S0
Téléphone : 450 834-6946 |
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Maroushka Boldireff est faïencière.
Autodidacte, elle a adopté une technique difficile et, peut-être
pour cette raison, rarement pratiquée de nos jours, que ce
soit ici ou en Europe. Cette technique porte le nom de décor
Grand feu; on l’appelle aussi majolique. Comme l’aquarelle,
la majolique est un art de la spontanéité, un art
de l’instant, qui ne permet pas les repentirs. Les couleurs
délicates sont magnifiquement transparentes et lumineuses
: elles laissent transparaître à la fois la blancheur
éclatante de la faïence et le mouvement du pinceau qui
les y a déposés.
L’atelier de Maroushka Boldireff, comme
une lune, possède une face visible et une face cachée.
Dans le sous-sol sont cachées les installations qui servent
à produire, à partir de la terre, les formes fragiles
et pâles qui deviendront de précieuses et rares majoliques;
la terre liquide y est coulée dans des moules de plâtre,
avant de connaître une première cuisson légère
dite au dégourdi à 1038 °C. Les moules sont fabriqués
à partir des modèles que produit la faïencière
par un technicien spécialisé. Les pièces sont
ensuite recouvertes d’un émail qui, en séchant
à l’air libre, deviendra poudreux et blanc comme une
farine. Ce sont ces « pâtisseries » qui émergent
de sous terre, dans la portion ensoleillée de l’atelier,
pour venir attendre sagement de recevoir leurs ornements colorés.
Sur l’émail cru sont déposés, d’un
pinceau léger et souple, des oxydes métalliques, pâles
pour l’instant, mais qui, après une seconde cuisson
à la même température, révéleront
l’éclat du bleu de cobalt, du jaune d’antimoine,
du violet de manganèse, du vert de cuivre et du rouge de
fer.
Cette technique traditionnelle du décor
Grand feu, datant des 14e et 15e siècles, Maroushka Boldireff
la pratique depuis près de trente ans. À main levée
ou à l’aide de patrons, elle peint d’une main
sûre des assiettes, plateaux, vases, cruches, lampes, chandeliers
et horloges, ainsi que des carreaux de céramique. Les décors
sont d’inspirations variées : motifs abstraits ou floraux,
traditionnels ou inventés. Ses influences sont nombreuses
: européennes, américaines et même asiatiques,
madame Boldireff ayant séjourné en Chine. Certaines
de ses pièces reçoivent des compositions plus élaborées,
souvent inspirées des fleurs et herbes d’un grand jardin,
seconde passion de l’artiste. Les fleurs cèdent parfois
la place à des paysages, dont certains par exemple, sur des
assiettes qu’on retrouve au Musée McCord d’histoire
canadienne à Montréal, sont inspirés des tableaux
de Cornelius Krieghoff, peintre de l’univers canadien-français
du 19e siècle. On trouve encore sur d’autres pièces
des personnages traditionnels bretons ou bien des coqs hollandais.
Maroushka Boldireff offre au client la possibilité de choisir
lui-même les décors qui orneront ses pièces;
elle produit des oeuvres uniques et des petites séries, disponibles
à son atelier.
L’artiste faïencière vit
et travaille à Rawdon depuis 1982. Elle a participé
avec intérêt à de nombreux événements
au cours de sa longue carrière et, entre autres, depuis 1990,
au Salon des métiers d’art du Québec à
Montréal. Son travail, apprécié des connaisseurs,
a reçu la première mention lors du Salon des métiers
d’art de Lanaudière en 1986.
(rédigé par Bruno Mainville)
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Ceramist
Maroushka Boldireff is a self-taught faïencière
who produces varnished and enameled earthenware, also know as majolica
or Grand feu. Both an ancient and difficult technique to
master may explain why it is so rarely practiced in Europe or in
North America, nowadays. Similar to watercolour, majolica is a spontaneous
art form, where every brush stroke instantaneously leaves its indelible
mark. The delicate colors are wonderfully lustrous and transparent,
highlighting both the brightness of the white earthenware and the
stroke of the brush.
Boldireff has her workshop divided into two
separate work areas, a bright sunlit workspace and the basement.
In the latter, we find all the necessary equipment and clay; it
is where the fragile and pale forms are produced, and then later
transformed into the precious and rare majolica. The molds used
in this process of her work were previously made by a skilled technician,
following Boldireff’s specifications. Slip, a mixture of clay
and water, is poured into these molds and subjected to a short firing
or dégourdi, to peak at 1038 °C. Subsequently, the pieces
are enameled and left to dry, forming a white powdery coating. The
pieces are than moved upstairs into the brightly lit workspace for
further transformation. Painted over the unfired enamel glaze, the
metal oxides are applied with delicate brushstrokes. For the moment,
pale in appearance, they will, once fired, reveal the true bright
nature of their colors such as cobalt blue, antimony yellow, manganese
purple, copper green, and iron red.
Dating from 14th and 15th century, this traditional
technique called Grand feu has been practiced by Boldireff for the
past thirty years. She uses either a paintbrush or stencil to decorate
plates, trays, vases, jugs, lamps, candleholders, clocks, and ceramic
tiles. These are decorated in a variety of styles: abstract or floral,
traditional or free style. Her influences are diverse : European,
American and even Asian, as Boldireff has sojourned in China. Some
of her compositions are more elaborate, often inspired by flowers
and grasses from her huge garden, a second passion of the artist.
Sometimes, flowers give way to landscapes, as, for example, the
ones on her plates shown at the McCord Museum of Canadian History
in Montreal, which are inspired by the paintings of Cornelius Krieghoff,
depicting scenes typical of 19th century French-Canada. On other
pieces, we may find a renditions of traditional characters from
Brittany, or roosters typical of the Netherlands. Boldireff offers
to her clients the possibility to choose for themselves the motifs
that will decorate their pieces. She creates both unique pieces,
and a limited series production, available at her studio.
Since 1982, Maroushka Boldireff has lived and
worked in Rawdon. Over her long career, she has participated in
numerous events, more noticeably since 1990 at the Salon des métiers
d’art du Québec, in Montreal. Her work is appreciated
by connoisseurs, and, in 1986, Boldireff received an honorable mention
at the Salon des métiers d’art de Lanaudière.
(translated by Valérie Gill)
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