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Sculpteur sur bois
Michel Boire est un drôle de moineau.
Ses études sont marquées par un goût pour les
arts visuels : il étudie à Montréal l’ébénisterie,
l’architecture, la poterie, et les arts plastiques. À
la suite de cette formation éclectique, qui dure de 1970
à 1976, il pratique le métier de potier, à
l’époque, comme il dit, du macramé « power
». Mais le métier, au début des années
1980, devient plus difficile et Monsieur Boire se tourne alors vers
d’autres avenues qui l’éloignent un peu de la
création à l’état pur. Comme un oiseau
doit chanter; après plusieurs années et à son
grand bonheur, Michel Boire revient à son premier amour,
la création artistique, et cette fois, comme sculpteur sur
bois.
Chez Michel Boire, l’oiseau n’est
pas dans l’oeuf, mais dans l’arbre, car l’artiste
sculpteur a fait de l’oiseau son motif de prédilection.
Ce n’est pourtant pas que Monsieur Boire soit ornithologue,
l’artiste voit, dans sa façon d’être, un
symbole de liberté et dans l’anatomie de ces bipèdes
ailés, le reflet de la nôtre, êtres humains.
L’artiste s’inspire des attitudes
et émotions des gens qu’il croise comme reflet déformant
pour caricaturer affectueusement ses semblables. Dans les mots de
l’artiste : « Tous pensent que je sculpte des oiseaux
et le résultat final peut, en effet, le laisser croire. Mais
mon inspiration première me vient pourtant d’un mouvement
auquel je greffe un sentiment, incarnant ainsi un des mille visages
de la complexité humaine. » Pour Michel Boire, nous
sommes tous de drôles de moineaux…
Ces oiseaux, donc, nous ressemblent : l’artiste
les découpe directement dans des bûches de bois de
différentes essences à l’aide d’une scie
à ruban. Ne voulant contribuer à la déforestation
de l’Amazonie, il n’utilise que des bois durs de notre
terroir : érable, bouleau, cerisier, pommier, etc. Le bois
choisi est ensuite mis à sécher quelques jours dans
un râtelier puis laissé quelques minutes au four à
micro-ondes afin de s’assurer qu’il est bien sec. Le
détail est fait avec un outil rotatif de précision
muni de différentes meules et burins. Les sculptures reçoivent
diverses finitions : teinture, patine, cire, selon l’effet
recherché. Mais pour Michel Boire, la sculpture n’est
pas que l’oiseau : la pièce de bois de laquelle l’oiseau
a été tiré est aussi partie intégrante
de l’oeuvre. Ses oeuvres se présentent en effet sous
la forme surprenante d’une bûche de bois démontable
en cinq morceaux, dont le coeur est un oiseau et dont les parties
périphériques forment le négatif fragmenté.
Une chose est sûre : c’est une installation qui provoque
et propose nos racines et notre avenir.
Le travail de Michel Boire a été
présenté au Salon des métiers d’art du
Québec à Montréal en décembre 2005,
où il a été mis en nomination pour le prix
« Coup de coeur » du public. De plus, il a participé
au Plein Art de Québec en 2006. Il est possible d’aller
voir ses oeuvres directement à son atelier, à Mandeville.
(rédigé par Bruno Mainville)
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Woodcarver
Michel Boire is a unique character. His background
is underlined by an interest for visual arts; in Montreal, he studied
woodworking, architecture, pottery, and fine arts. After completing
these eclectic studies, which lasted from 1970 to 1976, he becomes
a potter during that era he recalls as “macramé power”.
By the early 1980’s, living from pottery became increasingly
difficult, so he turned towards other paths, distancing himself
from creative process. As a bird must sing, an artist needs to create;
after many years, Boire happily returns to his first love, artistic
creation, but this time as a woodcarver.
For Boire, a bird is not inside the egg but
inside the tree, as this artist has made of the bird his motif of
predilection. It is not because Boire is an ornithologist, but the
artist sees in the demeanor of a bird a symbol of freedom, and in
the anatomy of this winged biped a reflection of the human one.
The artist is inspired by the attitude and emotions of people he
encounters, and views these as distorted reflections that he uses
to caricature humankind with affection.
The artist explains: ”Everyone thinks
I sculpt birds, as the end result may lead one to believe. But my
initial inspiration stems from a motion, to which I associate a
sentiment, thus incarnating one of the thousand facets of human
complexity”. For Boire, we are all a bird of sorts…
These birds, thus, resemble humankind: the artist
sculpts them directly from billets of different varieties of wood,
with the use of a band saw. Not wanting to contribute to the deforestation
of the Amazonian region, he uses hardwood found throughout the Quebec
territory, such as maple, birch, cherry, apple, etc… The selected
wood, dried for several days on racks, is then placed inside a microwave
oven for a number of minutes to insure it is completely dry. The
details are made with a precision rotating tool equipped with various
grinding wheels and tips. To obtain the desired texture, the sculptures
receive various finishes: stains, patinas, or wax. For Boire, the
sculpture is not just that of a bird: the billet from which the
bird was carved out is also an integral part of the work. In effect,
his work takes the astonishing form of a log that can be dismantled
into five separate parts : at the core is a bird, whereas the
surrounding parts constitute its fragmented negative. One thing
is certain: it is an installation that questions both our roots
and our future.
The works of Boire have been presented at the
Salon des Métiers d’Art du Québec, in Montreal,
in December 2005, where he was nominated for the Coup de coeur du
public award. In August 2006, Boire will participate in the Salon
Plein Art, in Quebec City. In the meantime, it is possible to see
his work directly at his workshop, in Mandeville.
(translated by Valérie Gill)
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